29/05/2026
6
~~NAKANY
J’ai passé la plus belle nuit de toute ma vie. J’ai fait des rêves fantastiques dans lesquels je veux rester à jamais. Il n’y avait pas mes parents, il n’y avait pas Sékou. C’était juste moi et Aziz en train de vivre l’amour dans toute sa splendeur. Oh que c’était magnifique ! Je souris de nouveau, couchée dans le lit d’Aziz. Ça fait un moment que je suis réveillée mais je refuse de sortir de ce lit. Je ne veux rien d’autre que rester ainsi.
— Ton café finira par refroidir, mademoiselle qui passe son temps à sourire dans son sommeil.
Je tourne la tête vers lui en souriant encore plus. Il est appuyé sur la grande commode et me regarde en tenant une feuille vierge.
— Ton café doit avoir refroidi. Il est presque dix heures.
— Dix heures ? Oh mon Dieu ! J’ai trop dormi.
Je remarque son regard amusé sur moi et j’ai honte.
— Tu n’as plus le droit d’avoir honte, madame. Pas après cette nuit époustouflante.
Je me mords la lèvre inférieure. Je veux sortir du lit mais j’ai honte de me retrouver nue devant lui. J’étais pourtant très déterminée hier. MDR !!! Il se décolle de la commode, pose la feuille et me rejoint dans le lit. Assit devant moi, il passe sa main dans mes cheveux laissés au vent.
— J’adore tes cheveux ! Ils sont si longs. Je voudrais les caresser tout le temps.
Je me contente de sourire.
— Ma Kany.
Mon sourire devient encore plus large. Il sait y faire, le mec.
— Tout ce que je t’ai dit hier pendant qu’on faisait l’amour, je le pensais. Tu me plais réellement.
— Toi aussi, Aziz.
— Mais nos réalités sont littéralement opposées. Je vis sur un autre continent. Je viens rarement en Afrique et, jusqu’ici, les relations à distance ne se sont pas bien passées pour moi.
— Je sais, dis-je tristement.
— Nos chemins vont certainement se séparer ce lundi car je rentre. Mais j’espère du plus profond de mon âme que nous nous reverrons un jour pour poursuivre notre idylle. Toutefois, je ne peux rien te promettre pour l’avenir, et je veux que tu te sentes libre de construire ta vie comme tu l’entends. Ne m’attends pas s’il te plaît. Je n’ai pas joué avec toi. Ce petit moment ensemble était réel et ça compte pour moi. Je voudrais donc encore profiter de cette journée avec toi : d’abord une do**he à deux, ensuite tu iras gérer ce qu’il faut chez ta tante, puis nous irons en ville. Je t’avais promis un restaurant.
— D’accord.
Il se lève et me soulève dans ses bras jusque dans la do**he. Je suis déjà en tenue d’Ève donc c’est à lui de retirer sa culotte chasseur et son débardeur. Le voir nu, dans toute sa masculinité, m’excite. Il sourit puis prend son éponge qu’il savonne avant de me la passer sur le corps. Le mec me lave carrément. Ça me fait éclater de rire. Il me lave les jambes, remonte lentement entre celles-ci et s’arrête quand il atteint mon intimité. Il ne frotte plus avec l’éponge, il frotte doucement avec ses doigts. Je souffle, de plus en plus excitée. Il passe son autre main dans mes cheveux et m’embrasse dans le cou.
— Tourne-toi ! susurra-t-il.
J’obéis telle une soldate devant son commandant. Il ouvre l’eau sur nous et toute la mousse disparaît de mon corps. Aziz parcourt mon cou et mes épaules avec des ba**ers en ramenant ses doigts là où ils avaient été il y a quelques secondes.
— Da nga rafett, Nakany (Tu es tellement belle, Nakany) !
Il fait suivre sa phrase par une pénétration profonde de son phallus. Il me fait l’amour, différemment d’hier : moins de douceur, davantage de fougue, porté par une vigueur qui ne cherche plus à se contenir. Sa main libre m’attrape le cou pendant qu’il va et vient en moi. C’est tellement bon que je me lâche dans mes gémissements. Je ne les retiens pas. Je ne le peux d’ailleurs pas. Ce que je ressens est beaucoup trop intense pour que je puisse me taire. Je me cambre davantage, m’offrant encore plus à lui. Il a compris le message et il ne se fait pas prier. Mais nous sommes bien assez vite, à mon goût, frappés par des orgasmes violents qui nous font râler tous les deux, ensemble. Nous restons immobiles quelques secondes à reprendre nos souffles, il se rapproche ensuite puis me serre contre lui.
~~AZIZ LAMAAN THIAM
Je ne sais pas ce qui m’arrive avec cette petite. Elle a quelque chose qui m’a séduit dès le premier regard et depuis je n’arrive pas à me la sortir de la tête. J’aurais tellement voulu la rencontrer dans d’autres circonstances. Certainement que ça aurait marché entre nous. Du haut de mes 32 ans, je n’ai jamais autant été accro à la présence d’une fille. Je veux voir Nakany chaque seconde, si bien que quand elle rentre chez sa tante, je compte les minutes avant notre prochaine rencontre.
Avant de nous rendre au restaurant, pour le déjeuner, je l’emmène dans l’une des chaînes privées du pays, où bosse ma meilleure amie.
— Que fait-on ici ?
— Je veux te faire visiter un plateau de télévision, vu que c’est ton rêve d’être une journaliste. Ça pourrait te motiver à te battre pour ton rêve. Viens.
Je salue tous ceux que je rencontre. Ils me connaissent, pour la plupart. Je me rends directement dans le bureau de Maureen. Elle a un casque autour du cou et met fin à un appel.
— Salut, mon cœur ! je la salue en l’enlaçant.
— Ça va toi ?
— Ouais. Je voudrais te présenter quelqu’un. (Je tire Nakany) Je te présente Nakany. Nakany, elle, c’est Maureen, ma sœur d’une autre mère. Elle dirige cette équipe avec maestria.
— Arrête de me flatter. Enchantée, Nakany.
— Moi aussi.
Elles se font la bise. Je demande à Maureen de nous faire visiter les lieux. Elle accepte de me rendre ce service et nous conduit sur le plateau d’une émission en cours. Nakany est tout éblouie.
— J’aimerais tellement être un jour devant les caméras.
— Et tu y arriveras, si tu ne renonces pas à ton rêve. Tu as un visage fait pour passer à l’écran.
— Merci !
Nous ne restons que trente minutes pour ne pas trop prendre le temps à Maureen. Ensuite, nous partons directement dans mon restaurant préféré.
Après le restaurant, je la conduis chez une connaissance qui vend des appareils électroniques, mais je lui demande de rester dans la voiture. Dès que mon ami me voit, il sort mon colis et je me retourne. J’ai longtemps vécu ici et même si je vis en ce moment en France, je garde toujours mes repères ivoiriens ainsi que mes connaissances.
— Tiens, c’est pour toi.
Elle ne comprend pas mais prend le paquet et l’ouvre. La surprise déforme ses traits.
— Tu as dit que c’était pour moi ?
— Oui, madame.
Elle sort l’ordinateur portable et le contemple, ensuite le portable Samsung.
— Mais… c’est pourquoi ? Serait-ce en guise de compensa…
— Non, loin de là. Je te l’ai dit, tout ce qui s’est passé entre nous compte beaucoup pour moi. Ok, c’est bref et ça n’a l’air de rien, mais ça compte à mes yeux. Tu comptes. Je t’offre ces appareils pour que tu gardes un souvenir de moi, de notre rencontre, de ce que nous avons partagé ensemble. Aussi, c’est pour que tu puisses te former en ligne sur des choses que tu souhaiterais apprendre. Presque tout s’apprend aujourd’hui sur le net, YouTube par exemple. Je ne veux pas que tu renonces à tes rêves, à tes ambitions. Même si tu ne fais pas ce dont tu as toujours rêvé, tu peux au moins te tourner vers un secteur dans lequel tu seras épanouie. Ce que je souhaite pour l’avenir, c’est d’entendre parler de toi comme d’une femme influente en Guinée.
Ses yeux qui étaient brillants finissent par laisser couler des larmes.
— C’est la première fois que quelqu’un d’autre que ma sœur se préoccupe autant de moi et de mon avenir. Merci beaucoup.
Je ressens une subite envie de la protéger, l’empêcher de pleurer encore. Je descends de ma voiture, la contourne, puis l’invite à sortir pour la prendre dans mes bras. Elle pleure de plus belle, comme pour évacuer un énorme chagrin. Je ne sais pas grand-chose à propos d’elle, mais je peux nettement deviner qu’elle n’a pas une vie heureuse, pire, qu’elle n’a pas des moments de bonheur auxquels s’accrocher pour se battre. Mince ! Pourquoi notre histoire doit elle être si courte ?
— J’aimerais tellement te garder près de moi. Ton innocence, ta pureté, ta naïveté, toutes ces choses m’ont fait craquer pour toi. J’espère que tu ne m’oublieras pas.
— Impossible.
Elle se blottit encore plus contre moi. Je lui relève la tête pour goûter à ses douces lèvres pulpeuses avant que nous ne reprenions le chemin de la maison.
~~FAKHANE
J’ai mis le petit dans la chambre de sa grand-mère pour sa sieste et moi je profite de l’air naturel sur la terrasse, à l’arrière de la maison qui donne sur le jardin. Je scrolle sur le net et discute en même temps avec Nakany. Je finis par m’endormir. J’ai passé toute la nuit à bo**er. C’est bientôt la fin des cours, sans compter que je dois préparer ma thèse. J’aurais pu attendre un an ou deux avant de le faire. Mais je préfère m’y mettre maintenant, pour avoir la possibilité de décrocher rapidement un emploi avec un bon salaire. Cela me permettrait enfin d’être une femme pleinement indépendante et de ne plus subir ces petits boulots épuisants et mal payés. Je veux vivre bien, dans un bel appartement, avec une petite voiture et, en plus d’avoir un emploi stable, gérer mes propres activités. Si j’atteins cet objectif, je pourrai sortir ma sœur de ce fichu mariage. Elle ne me le dit pas directement, mais je la sais malheureuse. Si je suis bien assez stable financièrement, je pourrais plus aisément la tirer de là, même en passant par une procédure judiciaire. Elle sortira de ce mariage sadique, qu’il pleuve ou qu’il vente.
Dans mon sommeil peu profond, je sens quelque chose remonter le long de ma jambe. Je la bouge une première fois, mais la sensation persiste. J’entrouvre alors les yeux pour comprendre ce qui se passe et c’est avec consternation que je le vois : le frère aîné de Monsieur Fadel penché au-dessus de moi, à me caresser la jambe. De son autre main, il se tient l’entre-jambes.
— Non mais c’est quoi ces c***eries ? je m’écrie en me levant brusquement de la natte sur laquelle j’étais.
— J’ai trop envie de toi. S’il te plaît, donne-moi un coup.
— Ça ne va pas chez toi ? Espèce de malade mental.
— Moi malade mental ? C’est à moi que tu dis ça ? Je vais te montrer ma folie.
Il se jette sur moi et tente de me renverser sur la natte, certainement pour abuser de moi, mais c’est mal me connaître. Je me détache de son emprise et je lui donne un coup violent dans les burnes. Il hurle en se les tenant. Bintou, la seconde femme de Monsieur Fadel, et l’une des jumelles accourent. Sans chercher à comprendre ce qui se passe, elles se jettent sur moi aussi en voyant l’autre couillon pleurer. Pour la première fois depuis que je suis là, je me permets de leur donner des coups. Elles reçoivent chacune de très belles gifles et des coups de pied. Elles appellent l’homme au secours mais celui-ci est bien trop occupé à vérifier l’état de ses bijoux de famille. Je continue d’administrer une correction aux deux f***es quand je me sens soulevée par-derrière.
— Que diable se passe-t-il ici ?
C’est Monsieur Fadel. Je mets de l’ordre dans mes tenues.
— Vous m’expliquez, Fakhane ? Je reviens de voyage et je vous trouve en pleine bagarre.
— Demandez à votre frère aîné. Il a essayé de me violer. Je me suis simplement défendue et ces deux f***es viennent me tomber dessus sans rien demander comme si elles n’attendaient qu’une occasion pour le faire.
— C’est vrai, ça ? demande Monsieur Fadel en se tournant vers son frère qui grimace toujours de douleur.
— Tu oses me regarder pour me poser une question aussi stupide ? s’énerve-t-il. Qu’ai-je à fo**re avec une boniche alors qu’il y a des filles de bonnes familles qui me courent après ? J’ai une copine, je te signale.
Monsieur Fadel me regarde de nouveau. Je n’essaye pas de contredire son frère. Je croise mes bras sur ma poitrine et je le regarde droit dans les yeux. Il baisse les yeux avec embarras. Je comprends qu’il me croit.
— Fakhane, retournez à l’intérieur. Et je ne veux plus jamais vous voir vous bagarrer avec qui que ce soit.
— Elle doit se mettre à genoux et me demander pardon pour m’avoir agressé alors que je ne faisais que lui parler simplement, impose le frère aîné.
— Kane lay djegeulou ? (M’excuser auprès de qui ?) Vous ? Mbouck si adina ! (Jamais de la vie !)
Ils se mettent tous à vociférer, tous sauf Monsieur Fadel, surpris de ma réaction. Marre de tous ces gens ! Je retourne à l’intérieur de la maison, plus précisément dans la cuisine pour y récupérer deux grands couteaux utilisés généralement pour la découpe des viandes et du poulet. Je reviens à eux en frottant les deux couteaux, puis, arrivée devant eux, je frotte l’un des couteaux sur la terrasse, provoquant des grincements. Je frappe les deux ustensiles en avançant vers eux. Ils reculent.
— Je suis une f***e. J’ai un génie qui me suit depuis ma naissance, qui me possède quand je suis menacée et il sait très bien manier le couteau. Ne le poussez surtout pas à vous dépecer comme des animaux.
Je frappe de nouveau les couteaux au sol en poussant un cri. Les deux filles courent se cacher derrière Moussa, le frère aîné qui, lui aussi, est prêt à prendre ses jambes à son cou.
— Si vous ne voulez pas me voir possédée, foutez-moi la paix tant que je serai ici.
Je tourne sur moi-même en faisant des mouvements étranges tout en poussant des cris. Ils partent tous les trois presque en courant.
— Imbéciles !
J’ai lâché cette insulte doucement avant de me rendre compte que monsieur est tout près de moi.
— Suis-moi ! m’ordonne-t-il.
Je vais ranger les ustensiles dans la cuisine, puis je le rejoins dans son appartement. Il part poser sa valise dans sa chambre et revient.
— C’était quoi ce cirque tout à l’heure ? J’ai précocement perdu ma femme à cause de toutes ces débilités et je n’en peux vraiment plus. Vous êtes là pour vous occuper de mon fils et non pour passer le temps à vous disputer avec les autres habitants de cette maison.
— Je suis sincèrement désolée, monsieur, mais je ne pouvais pas laisser votre frère abuser de moi.
— A-t-il vraiment essayé de faire ça ?
— Je ne mentirai jamais sur un sujet aussi sensible.
Il se passe la main sur le visage et s’assoit dans le fauteuil derrière lui.
— Je suis vraiment désolé, Fakhane. Je vous promets que ça n’arrivera plus. Je vais régler ça.
— Merci, monsieur. Je peux y aller ?
— Euh, un instant s’il te plaît. Bon, je me permets de te tutoyer.
— Bien sûr, je suis votre employée.
— Ok, rassure-moi sur une chose : tout à l’heure concernant cette histoire de génie et de couteau, c’était bien une blague ?
— Oui, monsieur. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour qu’ils me foutent tous la paix jusqu’à ce que je m’en aille.
— Ça me rassure. Tu peux y aller.
QUELQUES SEMAINES PLUS T**D
~~NAKANY
Je me sens beaucoup plus faible aujourd’hui qu’hier. J’ai froid malgré le soleil qui brille dehors. J’ai la bouche amère au point de ne rien pouvoir avaler. Ce fichu palu m’a clouée au lit depuis ce matin. Je veux juste rentrer, m’allonger et dormir toute la journée.
— Mais tu es toute brûlante, Nakany, s’écrie tante Macky, la main posée sur mon front. Lève-toi, je t’emmène à l’hôpital.
— J’ai déjà pris des médicaments. Ça va passer après un peu de repos.
— J’ai dit de te lever, madame. Le palu, s’il est mal traité, peut entraîner de graves complications et parfois la mort. On te fera juste des injections pour que tu te rétablisses plus rapidement. Je vais prendre mon sac à main.
Est-ce que je peux encore contester ? Mais il n’est pas question que je monte me changer. J’irai avec cette robe paysanne que je porte généralement quand j’ai la flemme de me vêtir.
Comme tante Macky l’a dit, j’ai été maintenue pour la journée dans l’hôpital et on m’a placé un sérum. Ils m’ont prélevé du sang et de l’urine afin de procéder à des examens approfondis. En attendant les résultats, je reste paisiblement allongée sur le lit de l’hôpital.
— Nous avons vos résultats, annonce l’infirmière en rentrant avec mon dossier. Et ce que je peux vous dire, c’est "félicitations !" parce que vous êtes enceinte.
Je sursaute. Le choc de cette nouvelle est tellement fort que je me penche sur le côté du lit pour vomir dans le petit seau posé par terre. D’un coup, je suis de nouveau prise de froid, bien plus intense que celui du matin. Je tremble de tout mon corps. Cette fois, ce ne sont pas les effets du palu mais l’angoisse de ce pétrin dans lequel je suis.
— Ah, finalement tous les traitements que tu as subis ont porté leurs fruits. Sékou a dû lui aussi suivre des traitements. Toutes mes félicitations !
J’ai du mal à regarder tante Macky. Je me remets dans le lit et fais monter le drap sur moi. Je suis fichue. Cette grossesse est sans aucun doute celle d’Aziz. Depuis mon retour, Sékou et moi n’avons encore rien fait. Le dégoût que j’éprouvais pour lui s’est accentué depuis mon expérience avec Aziz. De ce fait, j’ai inventé des histoires à chaque fois que Sékou venait dormir chez moi. Je lui ai même dit que je suivais un traitement prescrit par un docteur que j’ai consulté et que ce traitement nécessitait une abstinence de quelques semaines pour augmenter mes chances de procréer. Sékou n’a pas discuté, et les choses sont restées ainsi jusqu’à aujourd’hui. À moins que je n’aie déjà été enceinte avant notre voyage en Côte d’Ivoire… mais c’est impossible. Nous y avons fait des analyses de sang, des échographies ; si j’avais été enceinte, cela aurait été détecté. Je n’arrive pas à croire que ce soit réellement en train de m’arriver.
— Je comprends ce que tu ressens.
Je reviens à moi au son de la voix de tante Macky qui s’est assise près de moi.
— Tomber enceinte d’un homme qu’on n’a pas choisi, qu’on n’aime pas, ce n’est pas toujours plaisant. Mais crois-moi, tu oublieras ce côté négatif quand tu verras ton bébé. Tu béniras le ciel pour ce cadeau qu’il t’a fait.
Je demeure silencieuse à faire mine de l’écouter, pourtant mon esprit se retrouve loin, précisément en France avec Aziz. Depuis mon retour il y a plus d’un mois, nous n’avons plus renoué le contact. Il m’avait déjà prévenue que ce serait mieux ainsi pour ne pas que je me berce d’illusions en l’attendant. Maintenant je me retrouve avec une grossesse de lui. Je ne sais pas comment prendre cette nouvelle. Si je dois m’en réjouir ou non.
J’ai été libérée en fin de journée et j’ai rendez-vous dans quelques semaines avec la sage-femme, tante Macky plus précisément. Après la naissance de ses enfants, Sékou n’avait plus trouvé d’inconvénient à ce qu’elle exerce ce métier qu’elle avait appris bien avant mon arrivée dans le foyer.
Je n’ai pas dit un seul mot depuis l’annonce de la grossesse jusqu’à maintenant.
— Nakany, tu es sûre que ça va ? insiste tante Macky.
Je fais oui de la tête.
— Ok. Va te reposer, mais si tu as envie de parler, je suis là.
— Hum !
Je monte rapidement m’enfermer dans ma chambre et j’appelle ma sœur.
« — Oui, madame. Ça va ? »
— Je suis enceinte.
Un silence s’abat. J’attends sa réaction avant de continuer.
« — Je ne sais vraiment pas comment réagir surtout que tu sais ce que je pense de ce mariage. Mais si tu es heureuse de cette nouvelle, je le suis avec toi. C’est un bébé. Il viendra certainement nous apporter un peu de joie dans ce monde de timbrés. »
— Mais il y a un problème.
« — Que veut Sékou encore ? Il veut… »
— La grossesse n’est pas de lui.
Encore un autre silence.
« — Je crois avoir mal entendu. »
— J’ai vraiment dit ce que tu as entendu. Mon mari n’est pas l’auteur. C’est… celui dont je t’avais parlé, en Côte d’Ivoire. Mon coup de foudre.
« — Ne me dis pas que… NON MAIS TU AS PERDU LA TÊTE ??? Tu as couché avec un autre homme que ton mari ? Tu as commis l’adultère ? »
— C’était plus fort que moi ! (J’éclate en sanglots.) Je suis tombée amoureuse de lui au premier regard et je n’ai pas pu lui résister. Tu me comprendrais si tu avais déjà été amoureuse.
« — Je n’ai pas besoin de tomber amoureuse pour savoir qu’on ne couche pas avec une personne autre que son mari. »
— (Pleurant à chaudes larmes.) Je n’ai jamais voulu de ce mariage. Cet homme me répugne.
« — Mais tu as quand même accepté, alors tu assumes jusqu’au bout. Mon Dieu ! Sais-tu dans quelle m***e tu t’es mise ? »
— Je suis désolée.
Je pleure de plus belle, ce qui plonge Fakhane dans un énième silence. Je l’entends soupirer.
« — Cesse de pleurer, je t’en prie. Je ne le supporte pas. »
— Je suis désolée de t’avoir déçue. Je ne voulais pas tomber enceinte. Je voulais juste goûter un peu à l’amour avant de revenir dans ma prison dorée. Je te demande pardon.
« — Non, chut ! Je ne suis pas déçue de toi. Il n’y a aucune erreur de ta part qui me fera ressentir cela contre toi. Au contraire, j’ai juste peur de ce qui pourrait t’arriver si la vérité se savait. »
— Qu’est-ce que je fais maintenant ? Je fugue ?
« — Ça sera encore pire. Même si tu viens te cacher ici au Sénégal, ça ne te fera pas échapper aux représailles de cette action. Ça pourrait se retourner contre toi de la pire des manières et ce n’est pas bon dans ton état. Ce que tu vas faire, c’est attribuer la grossesse à Sékou. Tu essaies de profiter de cette grossesse pour épargner assez d’argent. Ça pourra certainement t’aider un jour. »
— Mais depuis mon retour de la Côte d’Ivoire, je n’ai encore rien fait avec Sékou.
« — Alors, soit tu lui dis que la grossesse a été conçue bien avant ton départ, soit tu inventes quelque chose qu’il pourra avaler facilement. Il est vieux et bête. Il ne réfléchira pas beaucoup. Mais choisis toi-même le gynécologue ou la sage-femme qui te suivra, afin d’éviter qu’il ne prenne quelqu’un de son entourage qui pourrait lui rapporter des informations compromettantes sur ta grossesse. »
— C’est compris. Je vais faire comme ça en espérant que ça fonctionne.
« — Ça fonctionnera. Mais si jamais tu te sens en danger, fuis très loin sans regarder derrière. »
— C’est compris.
« — Hé, tu n’es pas seule. Fakhany un jour… »
— Fakhany toujours.
« — Je t’aime et je serai là, tout le temps. »
— Je sais, je réponds en m’essuyant le visage. Je t’aime.
Je regarde mon ventre en le caressant et je me dis intérieurement qu’on y arrivera. Je protègerais ce bébé même au péril de ma vie.
Livre FAKHANY disponible sur WhatsApp : https://wa.me/22553517670
-pdf : 3500f
-Papier : 7000f (possibilité d'expédier)
-Amazon : https://www.amazon.com/dp/B0GDG1H17C
https://www.amazon.fr/dp/B0GDG1H17C
https://www.amazon.ca/dp/B0GDG1H17C