03/03/2026
L'assassinat de l'ayatollah Khamenei est la plus grande erreur stratégique de l'histoire moderne des États-Unis.
En le tuant, les États-Unis et Israël n'ont pas seulement éliminé un dirigeant ; ils ont accompli une prophétie vieille de 1 400 ans et créé un martyr dont l'ombre hantera l'Occident pendant des décennies.
Considérons la symbolique : l'Iran n'a JAMAIS eu de Guide suprême martyr. Khomeiny est mort de causes naturelles.
Que le Guide suprême de la République islamique soit martyrisé par les États-Unis et Israël est parfaitement cohérent avec leur stratégie. Cela transforme une fonction politique en une cause sacrée et éternelle.
Le moment choisi est catastrophique. Khamenei a été assassiné pendant le Ramadan, le même mois sacré que l'imam Ali, le premier imam du chiisme et « l'incarnation de la justice ».
Pour des millions de personnes, il ne s'agit pas d'une simple « grève », mais d'un signe divin. Il est mort comme Ali : assassiné durant le mois de jeûne.
Il a été tué avec sa famille. Dans la psyché chiite, cela fait immédiatement écho au martyre de Hussein à Karbala.
Le récit de l’« opprimé » (Mazlum) contre l’« oppresseur » (Zalim) est désormais pleinement activé. Il ne s’agit pas seulement d’une tragédie iranienne ; c’est un cri de ralliement pour les chiites du monde entier.
Les réactions sont déjà sans précédent. Nous assistons à un phénomène rare : l’unité chiite-sunnite.
De Karachi à Bagdad en passant par Lucknow, les sunnites se joignent aux chiites dans les rues. En ciblant une autorité religieuse de cette envergure, les États-Unis ont unifié la Oumma contre un « tyran » commun.
La doctrine « tuer tout le monde » de Trump, dictée par Netanyahu, s'est retournée contre lui. Ils pensaient décapiter un régime.
Au contraire, ils ont offert à la République islamique son symbole de légitimité le plus puissant depuis 1979. On ne peut pas tuer une idée, surtout une idée désormais baignée dans le sang du « martyre ».
L’Occident célèbre un « succès tactique » tout en s’enfonçant, somnambule, dans un cauchemar stratégique.
Les États-Unis viennent de troquer un adversaire prévisible contre une insurrection mondiale imprévisible, d'inspiration divine. Ce n'est pas la fin ; c'est le début d'une période bien plus sombre