10/09/2025
Qui est Simone Ehivet Gbagbo ?
Beaucoup de jeunes ne la connaissent que de nom.
Simone Ehivet Gbagbo est née le 20 juin 1949 à Moossou (commune de Grand-Bassam), en Côte d’Ivoire, dans une famille très nombreuse. Fille de Jean Ehivet, gendarme de profession, et de Marie Djaha, elle est la deuxième d’une fratrie de dix-huit enfants . Son enfance se déroule dans la région d’Abidjan (Moossou) puis dans d’autres villes (Bouaké, Béoumi) où elle suit sa scolarité primaire. Elle achève ses études secondaires au lycée classique d’Abidjan et obtient son baccalauréat en 1970.
Après le baccalauréat, Simone Gbagbo poursuit des études supérieures brillantes en lettres et en linguistique. Elle obtient une licence de lettres modernes à l’université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan) et réussit major au concours du CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire) .
Elle enrichit ensuite sa formation à l’étranger : maîtrise de lettres modernes en France (université Paris-XIII, 1976), DEA en linguistique à l’université de Dakar au Sénégal (1981) puis un doctorat portant sur le « langage tambouriné » des Abourés (Côte d’Ivoire) . Elle obtient également une seconde licence en linguistique africaine à l’université d’Abidjan (1984).
Simone Gbagbo commence sa carrière comme enseignante d’histoire et de lettres, notamment au lycée classique d’Abidjan . Très impliquée dans le milieu éducatif, elle s’engage dans les syndicats d’enseignants (professeurs de lycée et de l’université) et défend l’« ivoirisation » des programmes scolaires face au système colonial hérité de l’époque de Houphouët-Boigny . Cet activisme syndical et ses prises de position en faveur de la démocratie multipartite lui valent régulièrement la répression.
Parallèlement à son métier d’enseignante, Simone Gbagbo s’engage très tôt dans le militantisme politique. Au lycée, elle préside la branche féminine des Jeunesses étudiantes catholiques (JEC) de 1966 à 1970 . En 1972, elle rejoint une cellule révolutionnaire clandestine d’orientation marxiste (la « cellule Lumumba ») . Elle milite aussi activement dans les syndicats d’enseignants (Synesci et Synares) . Son combat pour le multipartisme et la justice sociale la conduit à être emprisonnée plusieurs fois dans les années 1970-1980.
Création et rôle dans le Front Populaire Ivoirien (FPI)…
Simone Gbagbo joue un rôle central dans la naissance du Front Populaire Ivoirien (FPI). En 1982, alors que le parti est encore clandestin, elle participe avec Laurent Gbagbo, Aboudramane Sangaré et d’autres militants à la fondation du FPI . Elle siège au bureau national du FPI naissant, chargée de la formation politique des cadres et de questions agricoles . Lorsque le parti est officiellement constitué en novembre 1988 lors d’un congrès à Abidjan, Simone Gbagbo en est l’une des figures clés aux côtés de son (ex) mari.
Au sein du FPI et du paysage politique ivoirien, Simone Gbagbo s’impose comme une femme politique influente. Élue députée de la commune d’Abobo (Abidjan) en 1995 lors des premières élections législatives libres, elle devient présidente du groupe parlementaire du FPI et vice-présidente de l’Assemblée nationale . Par son action et sa personnalité, elle exerce une grande influence dans le pouvoir, au point d’être surnommée « la Dame de fer » dans les médias ivoiriens et internationaux  .
La suite on la connaît, le FPI finit par accéder au pouvoir, elle devient première dame jusqu’en 2011, à la chute du régime.
Alban Mlan