02/11/2025
Quand faut-il abandonner ?
Mon histoire se déroule à une époque où l’on confond la résistance avec l’orgueil, la foi avec l’acharnement. Une époque où continuer devient une prière, et tomber, une habitude.
Il y a des jours où la vie frappe sans relâche, comme si elle testait la solidité de nos os. On encaisse, encore et encore. On perd des choses, puis des gens. Et quand on croit avoir touché le fond, on découvre qu’il existe des sous-sols à la douleur.
Je me suis souvent demandé : quand cesse-t-on d’optimiser et quand commence-t-on à s’entêter ? À quel moment le rêve devient-il fardeau ? À quel moment la route qu’on croyait sainte devient-elle un désert brûlant nos pieds à chaque pas ?
L’acharnement de la vie ne s’explique pas il se vit. Il vous prend tout : la force, les larmes, la foi même. Il vous laisse nu, sans armure, face aux regards de ceux qui attendent que vous chutiez pour pouvoir dire : « On le savait. »
Et pourtant, quelque chose, quelque part, vous retient de lâcher. Une braise infime au fond de la poitrine. Pas l’espoir … non. Plus profond encore : la dignité? Sans doute. Celle qui chuchote : « Tiens bon, même si c’est chaud, ne craque pas. »
Les coups, les attaques, les insultes, la déloyauté ils ne viennent pas des ennemis, mais souvent des visages familiers. Ceux qui hier souriaient, aujourd’hui se détournent. Ceux qui buvaient à votre succès, se désaltèrent maintenant de vos échecs.
Ils vous jugent sur la poussière de vos chaussures sans savoir les kilomètres qu’elles ont parcourus.
Et vous, épuisé, vous demandez : à qui se plaindre ? qui nous console ?
Les gens veulent boire votre sang, et votre vin au passage. Ils veulent vos lauriers, mais pas vos souffrances.
Ils ne comprennent pas que parfois, l’absence d’argent, c’est juste le prix de la persévérance. Et qu’à force d’encaisser sans être écouté, on devient ce que le monde appelle « fort », alors qu’en réalité, on n’a juste plus d’autre choix.
On dit : souviens-toi de la raison pour laquelle tu as commencé.
Mais quand cette raison était justement les autres, comment continuer quand ces mêmes autres vous renient ?
Comment continuer à aimer ceux qui ne voient plus en vous qu’un échec à éviter ?
L’ingratitude… si banale, et pourtant si tranchante.
Elle saigne le corps, le mental, les rêves, les relations etc
Et alors, il faut vivre avec ce vide. Ce vide qui ne s’exprime pas.
Fauché, seul, endetté, sans perspective…
Il faut des tripes pour se lever le matin avec l’impression que Dieu seul vous comprend encore.
Mais à vous qui vivez cela vous qui serrez les dents dans le silence, vous qui cachez vos larmes derrière des sourires automatiques je veux vous dire : je vous vois et je Vous aime. Même si on ne se connaît pas… ou pas encore.
Vous n’êtes pas fous, vous n’êtes pas faibles.
Vous êtes vivants.
Et si un jour vos pas vous mènent vers notre communauté, sachez que vous y serez chez vous.
Pas besoin de masque, pas besoin de preuve. Seulement Vous et votre vérité.
Que la Force des esprits lumineux vous garde.
Et qu’au cœur de la tempête, vous n’oubliiez jamais : il existe encore des âmes qui comprennent, même dans le silence.
Le-Bantou.