18/03/2023
Ce mardi 9 novembre, Emmanuel Macron et Patrice Talon entérinent la restitution de 26 œuvres des trésors royaux d'Abomey, conservées au musée parisien du Quai Branly. Dès le lendemain, elles rejoindront le Bénin. Le processus de restitution fut long, près de trois ans. Le Bénin essuya un premier refus de Paris. Une loi fut votée. Récit.
Le 17 novembre 1892, l’armée coloniale française s'empare du palais royal d’Abomey au Bénin. Les soldats du colonel Alfred Amédée Dodds en profitent pour s’emparer de 26 objets. Des œuvres, parmi lesquelles se trouvent le Trône du roi Behanzin, mais aussi les statues anthropomorphes représentant les derniers d’Abomey, Ghézo, Glélé, Behanzin.
Un pillage qui fait partie des actes perpétrés, pendant la colonisation du continent africain. Selon des experts, on estime qu’entre 85% et 90% du patrimoine africain se trouverait hors du continent. Ainsi, depuis des décennies, plusieurs pays africains réclament la restitution d’œuvres pillées.
85 à 90% du patrimoine africain hors du continent
En France au moins 90 000 objets d’arts d’Afrique subsaharienne font partie des collections publiques françaises, dont 70 000 au musée du Quai Branly.
Selon l’ambassadeur de la délégation du Bénin pour l'UNESCO, Irénée Zevounou, "4500 à 6000 objets sont en France, y compris dans les collections privées".
En 1989, pour la première fois depuis leur pillage, quelques-unes ont été prêtées par le musée de l'Homme à Abomey pour une exposition. Les Béninois ne pourront pas admirer bien longtemps le Trésor d'Abomey. Les pièces repartent à Paris cette même année. Elles sont ensuite remise au tout nouveau musée du Quai Branly construit par le président français Jacques Chirac dans les années 2000.
En 2006 déjà, à l'occasion de la célébration du centenaire de la mort du roi Behanzin, des œuvres avaient été prêtées à la Fondation Zinsou à Cotonou par le musée du Quai Branly pour une exposition inédite.
Patrice Talon se heurte au refus de Paris
En 2016, le président béninois, Patrice Talon demande à Paris la restitution des œuvres prises à Abomey. Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement de Manuel Valls (sous la présidence de François Hollande) lui oppose une fin de non-recevoir, au non du principe dit "d’inaliénabilité des collections nationales".