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08/02/2026

LA MARIÉE DU FÉTICHE
Épisode 1 : Paris, la fuite (Partie 1/3)

📚 Genre : Fiction africaine contemporaine | Thriller mystique
⏱ Temps de lecture : 5 minutes
🎭 Thèmes : Vodoun, identité, secrets de famille.

FLASH

2h37 du matin.
Le flash crépite.
Click.
Click.
Click.
Aminata Kossi presse le déclencheur sans réfléchir. Dans le miroir fissuré de son studio parisien, son reflet la fixe. Un mètre soixante-treize, pieds nus sur le parquet qui grince. T-shirt XXL d'un vieux concert de Fela Kuti, acheté à Lagos il y a huit ans, délavé, troué sous l'aisselle gauche. Jogging gris H&M avec une tache de café sur la cuisse droite qu'elle n'arrive jamais à enlever. Pas de soutien-gorge. Qui va la voir ?
Ses cheveux — voilà le drame du moment. Trois semaines sans les toucher. Racines crépus qui repoussent, formant cette démarcation qu'elle déteste : quatre centimètres de cheveux naturels noirs profonds, puis le reste lissé au tanin, presque brun sous certaines lumières. Métisse du cheveu.

Comme tout le reste. Elle attache le tout en chignon bancal avec un élastique volé dans le courrier. Voilà. Élégance parisienne.
Dans l'écran de son Leica M10 — vingt-quatre mois de crédit, pas encore payé — quelque chose d'autre apparaît. Une forme. Un mouvement. Derrière son épaule gauche. Serpentine.
Elle fronce les sourcils. Zoome. Rien. Juste elle. Debout en jogging devant un miroir merdique à deux heures du matin. Mais elle aurait juré...
Troisième fois cette semaine.
Elle pose l'appareil sur la table encombrée — tasses sales empilées comme une installation d'art contemporain, Post-it jaunes partout avec des notes illisibles, factures EDF en re**rd, reste de nem froid dans une barquette en alu — et se frotte les yeux avec le dos de la main. Puis renifle ses doigts par réflexe. Café froid. Encens éteint. Sueur. Grimace.
Dix-huit heures sur ce pu**in de dossier.
La Fondation Albert Kahn. Bourse de quarante-cinq mille euros. Trois mois au Dahomey pour
photographier le Vodoun. Le projet de sa vie. Celui qui devrait la rendre heureuse. Celui qui lui donne juste envie de vomir.

Dehors, Paris dort. Enfin, presque. Le néon du kebab d'en face clignote rouge-vert-rouge-vert. Un ivrogne gu**le dans la rue. Une voiture passe, reggae à fond. Montmartre la nuit. Glamour.
Son téléphone vibre sur le bureau. Elle le retourne machinalement sans le regarder. Écran fissuré depuis six mois — tombé dans le métro ligne 2, une grosse c***e lui a marché dessus. MAMAN. Appel manqué. Le seizième aujourd'hui. Hier : vingt-trois. Avant-hier : dix-neuf.

Aminata soupire, balance le téléphone sur le canapé-lit défoncé. Pas ce soir. Pas maintenant. Jamais si possible.
Elle se lève. Son dos craque — trois vertèbres, symphonie d'os fatigué. Vingt-huit ans et déjà le corps d'une vieille. Elle étire les bras au-dessus de la tête, sent son t-shirt remonter, air froid sur son ventre. Les voisins du dessus baisent. Encore.

Gémissements réguliers comme une horloge. Au moins quelqu'un prend du plaisir.
Le studio — dix-huit mètres carrés pour neuf cent cinquante euros par mois, un braquage légal — sent le renfermé et le café froid. Murs blancs sales qu'elle devait repeindre il y a deux ans. Parquet abîmé. Une fenêtre qui ferme mal. Radiateur qui fuit. Mais vue sur Montmartre. Donc ça va, c'est « charmant ».
Elle s'approche de la fenêtre. Sacré-Cœur illuminé comme une pâtisserie. Touristes qui grimpent les marches en riant même à deux heures du matin. Elle était comme eux il y a vingt-deux ans. Débarquée du Dahomey avec une valise Samsonite cabossée et un rêve con : devenir photographe. Aujourd'hui : expositions à Beaubourg, Fondation Cartier, articles dans Libération qui parlent d'elle comme « la nouvelle Viviane Sassen ». Vie parfaite.
Alors pourquoi cette boule dans la gorge ?
Son regard dérive vers le carton dans le coin. Celui avec « DAHOMEY » écrit au marqueur noir. Celui qu'elle n'a jamais ouvert depuis le déménagement il y a trois ans. Photos d'enfance. Grand-mère. Temple. Avant. Tout ce qu'elle a fui.
Non. Pas ce soir.
Elle attrape son téléphone. Uber Eats. Sushi Sakura. Douze pièces. Vingt-trois euros. Absurde. Mais la flemme de cuisiner. De toute façon elle n'a rien dans le frigo à part une brique de lait périmée et un citron momifié. Confirmation commande. Livraison dans quarante minutes.
Elle retourne à son ordinateur. MacBook Pro 2019, écran qui commence à déc***er depuis une semaine — tache sombre en haut à droite qui grandit comme une moisissure. Le dossier de candidature clignote. Section 4 : Motivations personnelles.
Elle tape :
« Je suis née au Dahomey mais je n'y suis pas retournée depuis vingt-deux ans. Ce projet est une tentative de réconciliation avec mes racines, une exploration de la spiritualité vodoun que j'ai fuie toute ma vie. À travers mon objectif, je veux capturer l'invisible, le sacré, les dieux qui... »
Elle s'arrête. Relit. Efface tout.
Trop vrai.
Trop nu.
Trop elle.
Retape, version professionnelle :
« Le Vodoun est une religion mal comprise en Occident, souvent réduite à des clichés folkloriques ou horrifiques. À travers ce reportage photographique de trois mois, je souhaite documenter les rituels, les temples, et les pratiques ancestrales qui constituent le cœur spirituel du Dahomey contemporain. Mon approche privilégie le respect, l'immersion, et... »
Blablabla.
Parfait. Détaché. Mensonger.
Son téléphone vibre. Lucas cette fois. « Dîner ce soir ? » Elle fixe le message. Ses doigts planent au-dessus du clavier. Lucas Mercier. Cadre chez BNP Paribas. Costumes à deux mille euros. Dior Sauvage. Gentil. Stable. Amoureux. Chiant.
Elle tape : « Fatiguée. Demain ? »
Mensonge numéro deux de la soirée. Elle n'est pas fatiguée. Enfin si, mais pas trop pour dîner. Elle n'a juste pas envie de le voir. Pas envie de parler de « leur avenir ». Pas envie qu'il lui prenne la main en la regardant avec ses yeux de cocker et qu'il lui demande si « ça va » d'un ton inquiet.
Ça va jamais, Lucas. Mais tu peux rien y faire.
Elle enregistre le dossier. Ferme l'ordinateur. Se lève. Dans la minuscule salle de bain — do**he, lavabo, chiotte, miroir fendu, le luxe — elle se regarde vraiment pour la première fois de la journée.
Vingt-huit ans. Un mètre soixante-treize. Soixante-cinq kilos — elle a maigri, pantalons qui glissent sur les hanches. Peau acajou, presque noire sous certaines lumières, plus claire sous d'autres. Cernes violettes. Lèvres gercées — elle se les mord quand elle stresse. Grain de beauté sous l'œil gauche que sa grand-mère appelait « la marque de Mami Wata ». Elle n'a jamais compris ce que ça voulait dire.
Belle, tout le monde le dit. Les mecs se retournent dans la rue. Les filles aussi parfois. Mais elle ne se reconnaît plus. Depuis quand porte-t-elle des chemises blanches Sézane à quatre-vingt-dix euros ? Depuis quand boit-elle du thé matcha bio ? Depuis quand dit-elle « brunch » sans ironie ?
Depuis qu'elle essaie de ressembler à quelqu'un qui appartient ici.
Elle ouvre le robinet. Eau froide. S'asperge le visage. Quand elle relève la tête, dans le miroir fendu, derrière elle, elle voit de nouveau cette forme. Serpentine. Lumineuse. Qui ondule.
Son cœur s'emballe.
Elle se retourne brusquement. Manque de glisser sur le carrelage humide. Se rattrape au lavabo.
Rien.
Juste la salle de bain merdique. Serviette qui pend. Savon qui a glissé dans le lavabo. Moisissure noire dans le coin de la do**he qu'elle devrait nettoyer depuis trois mois.
AMINATA (murmure) Arrête. Tu deviens f***e.
Mais ce soir-là, avant de se coucher, elle cède. Elle ouvre le carton.
Odeur de vieux papier et de poussière. Photos en vrac. Certaines dans des enveloppes jaunies, d'autres libres, cornées. Elle en sort une au hasard.
Ouidah, 2004. Elle a six ans. Robe blanche. Tresses avec des perles. Debout devant un temple — murs rouges, fresques de serpents, autel avec des statuettes. Sa grand-mère — Mahouna la Jeune, soixante-dix ans, pagne indigo, colliers de cauris — a la main posée sur son épaule. Elles sourient toutes les deux. Le bonheur figé.
Aminata zoome avec son téléphone.
Et là.
Pu**in.
Là.
Derrière elles. Autour d'elles. Cette forme serpentine de lumière. Pas floue. Pas accidentelle. Précise. Élégante. Consciente. Comme si quelque chose de vivant s'enroulait autour d'elles.
Elle sort dix autres photos. Les étale sur le parquet. Mains tremblantes.
Dahomey, 2002. Elle a quatre ans. Joue dans un jardin avec un ballon. La forme est là. Derrière elle. Comme une ombre qui n'en est pas une.
2001. Bébé dans les bras de sa mère. Mahouna la Grande — trente-cinq ans, visage sévère. La forme est là. S'enroule autour du bébé.
2000. Nouveau-née à l'hôpital. Lit blanc. Couveuse. Tubes. La forme. Est. Là.
Depuis toujours.
Son téléphone vibre. WhatsApp. MAMAN. Elle sursaute, lâche une photo.
« Il faut qu'on parle. S'il te plaît. »
Aminata fixe l'écran. Voit les trois petits points qui dansent. Sa mère tape. S'arrête. Retape. S'arrête encore.
Puis plus rien.
Aminata regarde les photos sur le sol. La forme serpentine sur chacune d'elles. Depuis sa naissance. Depuis sa première respiration.
Ses doigts tremblent au-dessus du clavier.
Elle éteint son téléphone.
Pas ce soir.
Jamais.

📖 Lisez l'Épisode 1 complet (GRATUIT) :
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OU attendez les parties 2 et 3 sur Facebook (vendredi et samedi)
Une fiction mystique afro-contemporaine qui ne te lâchera pas.

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Chaque jour est comme une page blanche, et nous avons le pouvoir de dessiner ou peindre notre aventure avec les pinceaux de nos choix et actions. Nos expériences et les rencontres colorent notre existence de nuances inattendues. L’art se trouve partout, pas seulement dans les galeries ou les musées, mais dans les sourires partagés, les couchers de soleil admirés et dans les rêves que nous choisissons de poursuivre. L’intelligence artificielle, avec sa capacité à apprendre et à créer, nous rappelle que nous pouvons aussi nous réinventer et voir le monde sous de nouveaux angles. Aujourd’hui, je choisis d’utiliser toutes les couleurs à ma disposition, y compris celles que l’IA m’offre, pour peindre une vie vibrante et partager cette création avec vous. Car la plus belle œuvre d’art que nous pouvons façonner, c’est notre propre vie, enrichie et inspirée par les merveilles de la technologie et de l’humanité.

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