30/10/2016
Quelle que soit la façon de le dire, inutile de tourner autour, le bout du chemin est là : Empreintes du Sud tire le rideau sur près de vingt chouettes années à vos pieds.
Une jolie histoire qui démarre en 1997 avec l’ouverture d’une des boutiques pionnières de la rue de la Tour, une enseigne justifiant l’appellation « rue de la Mode ».
Un pari relevé par Martine Tourneur qui décide de fonder son propre petit temple de la chaussure -ce deuxième amour de nos vies de femmes- après une expérience plutôt costaud dans la vente haut-de-gamme, chez Atelier Mercadal notamment.
Ce qui anime l’esprit du 4 rue de la Tour ? Dès le début, l’envie de deviner les futurs classiques d’une « shoes addict » et de convier les lignes Marc Jacobs, Céline ou Chloé, rares, voire exclusives sur Marseille au début du 21ème siècle.
Plus récemment, la volonté d’une démarche plus avant-garde encore, misant sur la créativité de Maison Martin Margiela et Proenza Schouler, le renouveau de Balenciaga et Nina Ricci, ou encore Barbara Bui.
En tous cas, une certaine idée du luxe : la qualité qui dure sans être plan-plan, le chic jamais ampoulé, une pièce qui claque sans clinquer.
Cette signature d’Empreintes du Sud, Martine la transmet au fil des ans : à Wahiba Naïf qui affûte ici ses armes dans le métier, puis partage sa passion et sa connaissance du stiletto ; à sa fille Juliette dont le goût des belles choses s’exprime dans le stylisme à Paris et s’affirme en sillonnant le globe.
En résumé ? Plus qu’un esprit d’équipe, c’est un esprit de famille qui imprime les murs et donne son supplément d’âme à la boutique.
En parlant du lieu justement, c’est à François Tourneur, architecte designer, que l’on doit ce cocon minimal chic : sans fioritures pour un accueil sans chichi, suffisamment épuré pour laisser la couleur, la forme, l’objet de vos désirs au centre de l’attention.
C’était un enchantement de dénicher chaque saison de nouvelles pièces, de voir vos sourires scotchés devant ces trouvailles chaussées comme un gant, d’agrandir le noyau de clientes fidèles et tisser un lien amical au-delà d’une simple attache en cuir.
Si nous avions pu continuer, le rêve eut été le passage de relais évident de Martine à Juliette. Mais la conjoncture, la tristement fameuse, ne va pas dans notre sens. Donc oui, c’est un peu l’escarpin en berne et la bride serrée qu’Empreintes du Sud s’arrête et vous remercie d’avoir encouragé notre démarche, jusqu’au dernier claquement de talon.
Et pour vous dire au revoir en chanson, nous laissons la parole à David Bowie :
Put on your red shoes and dance the blues !