17/08/2026
Jadav Payeng n'est ni milliardaire, ni grand propriétaire terrien.
À la fin des années 1970, ce jeune Indien vit sur l'île fluviale de Majuli, dans l'État d'Assam. Après avoir découvert des animaux morts sur une étendue de sable presque dépourvue de végétation, il décide de commencer à y planter des arbres.
Au début, il participe à un programme de plantation organisé par les autorités forestières. Mais lorsque le projet s'arrête, Jadav continue.
Pendant des décennies, il consacre une partie considérable de son temps à planter et protéger des arbres, sans transformer ce travail en activité lucrative.
Pour vivre, il élève notamment des vaches et des buffles et vend leur lait. Plusieurs portraits consacrés à Payeng décrivent ainsi une vie particulièrement modeste malgré l'immensité de ce qu'il a créé.
Année après année, la végétation gagne du terrain.
L'espace autrefois largement sablonneux devient progressivement une forêt de plusieurs centaines d'hectares, aujourd'hui connue sous le nom de forêt de Molai.
Elle abrite désormais une importante biodiversité, avec notamment des éléphants, des cerfs, des rhinocéros et des tigres.
Son histoire est donc aussi une histoire économique assez particulière.
Jadav Payeng n'a pas fait un don de plusieurs millions d'euros.
Il a donné quelque chose qu'il possédait davantage que l'argent : des décennies de son temps et de son travail.
Et ce travail bénévole a permis de créer un patrimoine naturel de plusieurs centaines d'hectares dont bénéficie aujourd'hui toute une région.
En 2015, l'Inde lui décerne le Padma Shri, l'une des plus importantes distinctions civiles du pays.
Une autre façon d'être bienfaiteur : ne pas donner une immense fortune, mais consacrer une grande partie de sa vie à construire gratuitement quelque chose qui restera après soi.