18/04/2022
Ce ne sont pas des fleurs de cerisier que nous voyons..
Non non, ce sont bien des œillets, qui ornent ce superbe légumier Clairefontaine Léon Graves daté entre 1894 et 1913.
D’ailleurs voici un peu d’histoire sur l’abbaye de Clairefontaine:
Fondée en 1131, l'abbaye cistercienne de Clairefontaine est entièrement reconstruite à partir de 1711. Elle est vendue comme Bien national en 1793 au négociant Jean-François Estienne, qui y établit, associé au sieur Charles Henriot, une verrerie autorisée par un arrêté du Directoire du 28 août 1798.
La manufacture produit du verre blanc et de la gobeleterie, mais périclite rapidement et ferme ses portes en 1802 ou 1803. J.F. Estienne s'associe alors avec ses trois beaux-frères, Pierre-Etienne et Charles-Philippe Révillout, et Joseph Jacquot, pour fonder une faïencerie, dont le four est allumé en 1804.
Le moulin Ruby, établi à 500 m en aval sur le ruisseau de la Cité, sert d'atelier pour le broyage des matériaux. La faïencerie est qualifiée de "fabrique de cailloutage" en 1814. A la mort de J.F. Estienne en 1833, l'établissement est dirigé par Jean-Baptiste Rigal (époux de sa nièce) , lequel abandonne progressivement la fabrication de "cailloutage" pour produire de la porcelaine opaque à décor imprimé. Emile Rigal succède à son père Jean-Baptiste en 1860, associé à son beau-frère Jules Sanejouand.
En 1869, l'établissement produit de la faïence fine blanche, dite "porcelaine opaque", et de la faïence fine jaune, dite "grès Nankin ».
Vers 1875, l'arrivée d'un décorateur de Sèvres, Victor Ameline, correspond à une période d'élargissement de la production : porcelaines opaques, barbotines, émaux-ombrants, faïences fines.
La faïencerie de Clairefontaine est récompensée à l'Exposition universelle de 1878 pour sa collection d'articles en émaux majoliques et un service de table Indiana de forme octogonale.
Entre 1876 et 1879, la fabrique fournit des faïences blanches (biscuits cuits non décorés) pour les artistes nancéiens Charles et Emile Gallé.
Au départ d'Emile Rigal pour la faïencerie de Salins en 1885, Jules Sanejouand s'associe à son gendre Léon Graves et crée la société en nom collectif Sanejouand et Cie, devenue Sanejouand-Graves en 1889. L. Graves exploite seul la faïencerie à partir de 1890 et lui donne un développement conséquent en la modernisant (mécanisation). Les communs de l'abbaye sont délaissés au profit de nouveaux ateliers et installations (four, hangar, "bâtiment pour les émaux", maison) construits à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Léon Graves se spécialise notamment dans la fabrication de services de table de prix modeste. A sa mort en 1913, l'entreprise est gérée par sa v***e, née Mathilde Lenoble, sous la raison sociale V***e Graves.
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