27/07/2026
L'État actionnaire n'est pas un actionnaire comme les autres.
Lorsque l'État détient des participations dans une entreprise, son rôle dépasse largement celui d'un investisseur classique.
Un actionnaire privé recherche avant tout un rendement financier. Il évalue la rentabilité de son investissement, les perspectives de croissance et le niveau de risque.
L'État, lui, poursuit des objectifs plus larges.
Bien sûr, il attend de ses entreprises qu'elles soient performantes, créent de la valeur et versent, lorsque leur situation le permet, des dividendes. Mais son action ne se limite pas à cette seule dimension financière.
L'État actionnaire veille également à la continuité de services fondamentaux, à la préservation d'actifs stratégiques, au développement de secteurs prioritaires, à l'emploi, à l'aménagement du territoire et, plus largement, à la contribution des entreprises publiques au développement économique du pays.
Cette diversité d'objectifs impose une gouvernance exigeante.
L'État ne peut ni gérer les entreprises à la place de leurs dirigeants, ni se désintéresser de leurs performances. Il lui appartient de définir des orientations claires, de désigner des organes de gouvernance compétents, d'évaluer les résultats obtenus et de veiller à une gestion responsable des ressources publiques.
Être un État actionnaire ne consiste donc pas à intervenir dans la gestion quotidienne des entreprises. Il s'agit d'exercer pleinement les droits et les responsabilités attachés à cette qualité, avec rigueur, cohérence et dans une vision de long terme.
Dans un contexte où les entreprises publiques jouent un rôle déterminant dans la transformation économique de nombreux pays, la qualité de l'actionnariat public devient elle-même un facteur de performance.
Car un État actionnaire exigeant, stratège et responsable contribue non seulement à renforcer la compétitivité de ses entreprises, mais également à créer davantage de valeur pour l'économie nationale et pour les citoyens.
Cette année, les dividendes reversés à l'État ont d'ores et déjà dépassé les prévisions inscrites en loi de finances, témoignant de la dynamique engagée dans la valorisation du portefeuille public. Ce résultat est encourageant et mérite d'être salué.
Mais il ne constitue pas une finalité.
La performance de l'État actionnaire ne se mesure pas uniquement aux dividendes qu'il perçoit. Elle s'apprécie également à la capacité de ses entreprises à concilier efficacité économique, bonne gouvernance et contribution durable au développement du pays.
C'est cette vision qui guide aujourd'hui l'action du Ministère de l'Économie, des Finances et du budget : faire de l'État actionnaire non seulement un investisseur exigeant, mais aussi un acteur stratégique de la création de valeur publique.
L'État n'est donc pas un actionnaire comme les autres. Il est un actionnaire au service de l'intérêt général.