09/08/2026
Ce qui est « Mā’ohi » … et ce qui ne l’est pas.
La question revient souvent.
Alors, en cette journée des peuples autochtones, posons-la franchement et sans détour. Mais surtout, apportons-y les éléments d’une réponse claire et nette.
Mā’ohi, c’est dans le sang. Point.
Si tu as, dans ton sang, la trace de ceux qui ont peuplé les îles du grand océan, tu es Mā’ohi. C’est une question de filiation. Que tu sois pur, demi, quart, … Si tu peux retracer un ancêtre polynésien dans ton lignage, tu es Mā’ohi.
C'est aussi précisément pour ça que certains animaux et végétaux ont cette appellation : on parle de « pua’a mā’ohi, tiare mā’ohi, ‘uru mā’ohi, etc … » parce qu'ils ont pour origine commune le peuplement des îles du Pacifique et parce qu'ils sont arrivés avec le peuple premier.
« Mā’ohi de coeur » ? « Mā’ohi d’adoption » ?
Non. On ne s’improvise pas des origines.
On ne devient pas « Mā’ohi ».
On ne s’invente pas une identité par convenance.
Ni parce qu'on est tombé amoureux de la Polynésie.
Ni parce qu’on s’est marié à un ou une autochtone.
Ni parce qu'on y a vécu 10 ou 20 ans, ou par droit du sol.
Ni même encore parce qu'on vient d'une famille qui y est installée depuis des générations.
Être « Mā’ohi », on l’a dans son sang ou on ne l’a pas.
C’est simple, on l’est ou on ne l’est pas.
Et, si vous ne l’êtes pas, … « CE N’EST PAS GRAVE ».
Ne pas être Mā’ohi n’enlève rien à votre valeur, ou à votre légitimité.
Mais laissez-nous garder le mot MĀ’OHI intact dans ce qu’il représente : garder "MĀ" (propre, non souillé) ce terme qui nous définit : MĀ’OHI.
Nous ne cherchons pas à diviser, à blesser, ou à nourrir de la rancoeur.
Il s’agit juste de protéger l’essence de ce que nous sommes. Mā’ohi, c’est mon Histoire, mon ancestralité, mon ADN …
C’est une question de dignité.
La célébration de mon autochtonie.
Parce que nommer, c’est aussi exister.