08/24/2026
Quand on est maman, on ne devrait pas avoir à se battre pour que son enfant soit pris au sérieux.
Aujourd’hui, je suis en colère. Profondément en colère.
Je suis la maman d’un garçon de 11 ans qui est rentré à l’hôpital samedi soir après plusieurs jours de vomissements. Depuis mercredi, il ne faisait que vomir. Il n’arrivait quasiment plus à rien avaler, à part quelques gorgées d’eau.
Aux urgences pédiatriques, j’ai signalé quelque chose qui m’a immédiatement inquiétée : ses vomissements étaient très foncés, presque noirs.
On m’a répondu que ça devait être parce qu’il avait bu du Coca.
J’ai pourtant insisté. Mon fils ne pouvait rien avaler. Il ne buvait que de l’eau. Mais malgré mon inquiétude de maman, malgré ce que je voyais devant moi, cette alerte n’a pas semblé être prise au sérieux.
Le dimanche matin, une échographie est réalisée. Rien de particulier n’est détecté : pas d’appendicite, pas d’anomalie majeure, seulement un léger épanchement.
Mais mon fils, lui, continue de vomir. Il alterne entre vomissements, fièvre et douleurs abdominales.
On lui donne une solution de réhydratation. Pas de paracétamol.
Le médecin passe et insiste pour qu’il mange, car sans alimentation, il ne pourra pas rentrer à la maison.
Mais comment demander à un enfant de 11 ans qui vomit depuis plusieurs jours, qui souffre et qui n’arrive plus à rien avaler, de manger simplement parce qu’il faut qu’il puisse sortir ?
Il refuse. Non pas par caprice. Parce qu’il n’y arrive tout simplement pas.
La nuit de dimanche à lundi, les vomissements noirâtres continuent.
À 4 heures du matin, j’insiste pour que quelqu’un regarde enfin ce qu’il y a dans le haricot.
C’est à ce moment-là qu’on pense enfin à vérifier si ces vomissements peuvent contenir du sang, avec une simple languette.
Enfin, un médecin prend la situation au sérieux et demande des examens complémentaires, dont une hémoculture et éventuellement une nouvelle échographie.
Je demande alors moi-même s’il ne serait pas plus pertinent de faire un scanner.
Heureusement, cette fois, on donne son feu vert.
Et là, tout s’accélère.
Appendicite perforée.
Péritonite.
Opération en urgence.
Mon fils a dû être opéré.
L’opération s’est bien passée, et pour cela, je suis évidemment reconnaissante envers les équipes qui l’ont pris en charge.
Mais aujourd’hui, mon fils n’est pas guéri pour autant.
La récupération va être longue. Il a vécu des jours de souffrance, une intervention chirurgicale en urgence et tout ce que cela implique pour un enfant de 11 ans.
Alors oui, je suis en colère.
Je suis en colère contre une prise en charge qui, à mes yeux de maman, a été trop longue, trop hésitante et qui m’a obligée à insister encore et encore pour que les symptômes de mon enfant soient réellement investigués.
Je sais qu’il y a des médecins, des infirmiers, des aides-soignants et des personnels hospitaliers qui font un travail extraordinaire dans des conditions parfois très difficiles.
Je sais aussi qu’il y a les vacances, les week-ends, le manque de personnel, les services sous tension.
Mais est-ce que cela doit devenir une excuse pour banaliser certains symptômes ?
Est-ce normal qu’une maman doive insister pour que des vomissements noirs chez son enfant soient analysés ?
Est-ce normal qu’il faille attendre plusieurs jours, plusieurs examens et plusieurs alertes avant de découvrir une appendicite perforée ?
Et surtout, que serait-il arrivé si je n’avais pas insisté ?
Je ne cherche pas un coupable...
Parce qu'en tant que maman, mon rôle est de protéger mon enfant. Et quand quelque chose ne va pas, je connais son comportement, je vois sa douleur, je vois quand quelque chose n’est pas normal.
Je ne demande pas que l’on fasse un scanner à chaque douleur au ventre.
Je demande simplement que lorsqu’un parent tire la sonnette d’alarme, son inquiétude soit entendue et considérée.
Nous sommes en France, dans un pays qui possède un système de soins remarquable et une médecine capable de prouesses extraordinaires.
Alors comment peut-on en arriver là ?
Comment peut-on laisser un enfant de 11 ans vomir pendant des jours, avec des vomissements noirâtres, de la fièvre et des douleurs abdominales, sans que la cause réelle soit identifiée plus tôt ?
Et pendant ce temps, un autre constat me révolte : l’hôpital près de chez nous ferme son service des urgences pendant 11 jours.
11 jours.
Alors oui, je comprends les difficultés de l’hôpital public. Je comprends le manque de moyens, le manque de personnel, les plannings impossibles et l’épuisement des soignants.
Mais derrière les chiffres, les statistiques, les fermetures de services et les problèmes d’effectifs, il y a des patients.
Il y a des enfants.
Il y a des parents terrorisés.
Et il y a des familles qui repartent avec des traumatismes qu’elles n’oublieront jamais.
Aujourd’hui, mon fils est vivant. Il a été opéré. Et je mesure chaque seconde la chance que nous avons eue.
Mais je ne veux pas simplement tourner la page.
Parce que cette histoire aurait pu avoir une autre issue.
Et c’est précisément pour cela que je témoigne.
Pas pour attaquer ceux qui soignent.
Mais pour rappeler que derrière chaque patient, il y a un être humain. Et derrière chaque enfant hospitalisé, il y a une maman ou un papa qui tremble, qui observe, qui questionne et qui espère simplement qu’on écoutera son enfant.
Je suis une maman. Je n’ai pas de diplôme de médecine. Mais je sais quand mon enfant va mal. Et parfois, il faudrait simplement commencer par écouter les parents.